Lac acide du volcan Ijen à Java en Indonésie

Java : je l’ai testée pour vous… et voici ce que j’en retiens

Table des matières

15 jours entre temples, volcans, cascades et rencontres, avec le regard d’une voyageuse… et d’une conseillère en voyages.

Je suis partie en Indonésie en famille, avec mon mari et mon fils de 8 ans, pour 15 jours de découverte entre Java et Bali.

Le voyage, je l’avais entièrement organisé moi-même : vols, hébergements, trains, chauffeurs et excursions. Et même lorsqu’on part en vacances, difficile de complètement décrocher du métier de conseillère en voyages… J’ai forcément regardé les temps de trajet, le rythme des journées, les conditions d’accès aux sites, la qualité des prestations, les petits détails qui font la différence.

Nous avions prévu de consacrer une partie importante du séjour à Bali. Un imprévu de santé nous a finalement conduits à ralentir fortement sur cette île. Je ne prétendrai donc pas vous en faire un grand retour d’expérience après quelques jours seulement.

En revanche, Java nous a offert une découverte extraordinaire.

Borobudur, Prambanan, le Merapi, Tumpak Sewu, Bromo, Ijen… Des temples, des volcans, des cascades, beaucoup de marches, quelques réveils très matinaux et de très belles rencontres.

Alors, plutôt qu’un énième guide touristique de Java, voici mon retour d’expérience : ce qui m’a émerveillée, ce qui m’a surprise, ce qui m’a parfois déçue et surtout ce que je retiens aujourd’hui pour conseiller cette destination à mes clients.


🛕Borobudur : un voyage initiatique vers le Nirvana

Borobudur a été l’une des grandes découvertes de ce voyage.

Nous avons visité le site avec un guide anglophone, en petit groupe. Pendant environ une heure, il nous a expliqué la symbolique du monument et le parcours initiatique que l’on accomplit en progressant dans ses différents niveaux.

Chaque étape, chaque série de reliefs nous rapproche symboliquement du Nirvana, de cette recherche de perfection et de détachement des choses matérielles propre au bouddhisme.

Et cette approche change complètement la façon de regarder le monument.

On ne se contente plus d’admirer une architecture spectaculaire : on parcourt une histoire, une philosophie, un cheminement.

Et puis il y a les stupas.

Ces structures en pierre qui semblent dominer l’ensemble donnent au monument une dimension presque irréelle. Depuis le sommet, au milieu de cet environnement naturel particulièrement bien préservé, on se sent tout petit.

Borobudur - Java - Indonésie

⚠️ À savoir avant de visiter Borobudur
La visite demande tout de même une certaine mobilité. Les marches sont parfois hautes et inégales.
Il n’est pas nécessaire d’être sportif pour monter progressivement jusqu’au sommet, mais je déconseillerais la visite aux personnes ayant des problèmes importants de mobilité, notamment au niveau des genoux.
La fréquentation est importante, mais les guides répartissent les groupes sur le monument, ce qui permet de profiter relativement bien de la visite.
Après la visite guidée, il est possible de prendre son temps dans les jardins et de profiter du site sans être contraint de repartir immédiatement.


💡Mon conseil : si vous ne deviez choisir qu’un seul site entre Borobudur et Prambanan, je privilégierais Borobudur. Mais les deux visites sont véritablement complémentaires.


🕉️Prambanan : à la rencontre des dieux hindous

Quelques heures plus tard, changement complet d’univers.

À Prambanan, ce sont les dieux hindous qui nous accueillent : Brahma, Vishnu et surtout Shiva, auquel le temple principal est consacré.

Nous avons là aussi bénéficié des explications de deux étudiantes qui nous accompagnaient pendant la visite.

Et c’est finalement Shiva et son fidèle messager Nandi qui ont surtout retenu notre attention.

Mon fils a d’ailleurs joué le jeu jusqu’au bout : il a confié son vœu à Nandi afin que celui-ci le transmette à Shiva.

Cependant, lorsqu’il est entré dans le temple de Shiva, il a quand même formuler son vœu directement… Nandi doit avoir beaucoup de demandes à gérer et il ne voudrait pas qu’il oublie le sien !

Une petite anecdote familiale qui nous a beaucoup amusés, mais qui illustre aussi la façon dont une visite culturelle peut devenir une véritable expérience lorsqu’on prend le temps de comprendre les croyances qui l’entourent.

J’ai également été particulièrement attirée par les représentations de Ganesh, une divinité que j’aime beaucoup, autant pour son apparence que pour ce qu’elle représente.

Prambanan m’a paru moins monumental que Borobudur. Le site est également plus facile à parcourir : il y a relativement peu de marche et seulement quelques escaliers pour accéder à certains temples.

Mais justement, les deux sites fonctionnent très bien ensemble.

D’un côté, le bouddhisme. De l’autre, l’hindouisme.

Deux architectures, deux univers religieux, deux façons d’appréhender la spiritualité.

Et surtout, le témoignage d’un passé javanais incroyablement riche, où différentes croyances ont coexisté et continuent de se côtoyer.

Prambanan - Java - Indonésie

🌈Jodipan : le village qui a osé remettre des couleurs dans son quotidien

À Malang, nous avons fait un petit détour par Jodipan, le fameux « village arc-en-ciel ».

À l’origine, un quartier populaire qui a choisi de transformer son quotidien en mettant de la couleur partout : les façades, les ruelles, les maisons… Et le résultat est assez étonnant, mais surtout réussi.

Nous avons simplement déambulé dans le village pendant une trentaine de minutes. Le passage est payant, mais nous avons eu la chance de découvrir les lieux très tranquillement : nous n’étions qu’une poignée de visiteurs ce matin-là.

Et c’est justement ce que j’ai apprécié : Jodipan reste avant tout un vrai quartier habité, et pas uniquement un décor créé pour les touristes. Quelques habitants proposent des souvenirs, mais sans insistance, du moins lors de notre passage.

Avec notre fils, nous nous sommes même amusés à choisir chacun la petite maison que nous trouvions la plus sympa. Une petite visite sans prétention, mais qui apporte une autre couleur — au sens propre comme au figuré — à la découverte de Java.


💦Tumpak Sewu : 738 marches pour entrer au cœur des cascades

Tumpak Sewu est certainement l’un des paysages qui m’a le plus impressionnée à Java.

La découverte commence depuis un promontoire qui surplombe les gorges.

Et là, premier « waouh ».

On découvre une multitude de cascades qui se déversent dans la végétation en contrebas.

Mais ce n’est que le début.

Pour atteindre le fond des gorges, il faut descendre.

Notre guide nous annonce environ 738 marches. Elles se succèdent presque comme des échelles, avec des passages raides, parfois glissants, dans un environnement humide.

Par endroits, le sentier traverse même la rivière. À d’autres endroits, les passages sont tellement étroits qu’il faut attendre que les personnes arrivant en sens inverse aient terminé leur passage.

La descente nous a pris environ une heure, notamment en raison de la fréquentation.

Une fois en bas, nous avons pris environ trente minutes pour profiter du lieu, faire des photos et nous rafraîchir sous certaines cascades.

Pas de véritable baignade ici, mais ce n’est finalement pas ce qui compte.

Ce qui est fascinant, c’est cette sensation d’être entouré par les cascades.

Ce ne sont pas une ou deux énormes chutes d’eau qui tombent dans un vacarme assourdissant. Ce sont des dizaines de filets d’eau indépendants qui apparaissent tout autour de vous. Tumpak Sewu signifie 1000 cascades, et cela prend tout son sens au cœur du site.

Puis vient le moment de remonter.

Encore environ une heure.

Et, personnellement, c’est là que j’ai vraiment souffert : la remontée est exigeante, notamment au niveau du souffle.

Tumpak Sewu - 1000 cascades - Java - Indonésie

⚠️ À savoir avant de descendre
Tumpak Sewu n’est pas une simple balade.
Il faut être mobile, avoir un minimum de condition physique et ne pas avoir de contre-indication médicale particulière.
En revanche, il n’y a aucune obligation de faire la descente rapidement. Il faut prendre son temps. Et à mon avis, c’est exactement ce qu’il faut faire.


💡Mon conseil : si vous êtes en capacité de faire cette descente et que vous en avez envie, allez-y. Le paysage au fond des gorges mérite largement l’effort.


🌋Bromo : un paysage extraordinaire… mais pas exactement l’expérience rêvée

Bromo est probablement l’étape qui m’a laissé le sentiment le plus partagé.

Nous sommes partis de notre hôtel à Malang à… 1 heure du matin.
Deux heures de taxi, puis environ 45 minutes en 4×4 dans la Bromo Area.
Objectif : arriver à temps pour le lever du soleil depuis Seruni Point.

L’ascension représente environ 200 mètres de dénivelé. Le chemin est bien balisé, mais la montée est assez soutenue et se termine par des marches.
Cette ascension m’a semblé particulièrement difficile, notamment en raison du manque de sommeil et de la pression du timing : il fallait absolument être en haut avant le lever du soleil.

Tout au long de la montée, des propositions se succèdent pour vous emmener en moto ou à cheval. Personnellement, les conditions dans lesquelles certaines de ces bêtes sont utilisées m’ont plutôt donné envie de continuer à pied.

Arrivés à Seruni Point, nous avons attendu environ trente minutes. Et le spectacle était magnifique. Mais… nous étions littéralement dans une boîte de sardines. Des centaines de personnes côte à côte, toutes venues assister au même lever de soleil au même endroit, au même moment.
Les 4×4 étaient garés à la file indienne de chaque côté de la route sur plus d’un kilomètre.
À ce moment-là, j’ai eu un sentiment assez partagé : je me trouvais devant un site naturel exceptionnel, mais avec l’impression qu’il était aussi devenu extrêmement exploité par le tourisme.

Et finalement, c’est en redescendant que j’ai découvert ce qui m’a le plus séduite. Un autre versant s’ouvrait devant nous, avec un horizon beaucoup plus lointain, des montagnes, des volcans et des cratères qui dessinaient un paysage presque lunaire.

Et le cratère ?
Nous savions avant notre départ qu’il était fermé en raison d’incendies. Évidemment, c’était une déception. Mais lorsqu’on choisit de découvrir des volcans, il faut aussi accepter une chose : la nature décide.
Nous n’avons pas pu modifier notre itinéraire puisque nous ne savions pas quand l’accès serait rétabli.
Et finalement, c’est aussi cela, voyager.


💡Mon conseil : Allez à Bromo, mais sachez que vous ne serez pas seuls.
Si la foule vous dérange particulièrement, il existe probablement de meilleures façons de découvrir le site : arriver plus tard, faire l’impasse sur le lever du soleil ou choisir un hébergement plus proche afin d’être très tôt sur place.


💙Ijen : le volcan que j’attendais depuis longtemps

Et puis il y a eu Ijen. Celui-là, je l’attendais particulièrement.

Mon intérêt pour les volcans et les phénomènes géothermiques ne date pas d’hier, et c’est notamment grâce aux reportages de Maurice et Katia Krafft que j’avais depuis longtemps envie de découvrir cet endroit.

Après l’expérience de Bromo, une chose était certaine : je ne voulais pas revivre un lever de soleil entourée de centaines de personnes.
J’ai donc étudié les horaires proposés habituellement et fait un choix très simple : partir deux heures plus tard que la plupart des visiteurs.

Nous avons quitté notre hôtel à 4 heures du matin, avec environ 45 minutes de route, pour commencer l’ascension vers 4 h 45.
Cela signifiait renoncer aux fameuses flammes bleues et au lever de soleil depuis le cratère. Mais ce choix nous a permis de vivre Ijen complètement différemment.

L’ascension dure environ deux heures pour 4 kilomètres et 600 mètres de dénivelé. Le chemin est bien aménagé et balisé, mais le sol est rocheux et caillouteux.

Je découperais la montée en trois parties :

  • le premier tiers, relativement accessible
  • le deuxième, beaucoup plus raide et qui coupe véritablement les jambes
  • le dernier tiers, plus doux à l’approche du cratère

Et puis, progressivement, nous avons commencé à croiser les personnes qui redescendaient. Plus nous montions, moins il y avait de monde.

Lorsque nous sommes arrivés au sommet, il restait encore quelques visiteurs. Trente minutes plus tard, nous étions seulement une dizaine ou une quinzaine sur le site.

Et là… « Purée, je l’ai fait. J’y suis arrivée. Je suis là. »

Devant nous, le cratère. Une vague de fumée permet d’abord de deviner sa présence. Puis on distingue le bord de la caldeira, comme un petit chemin de crête. En contrebas, le lac acide. Autour, les montagnes et la vallée.
La lumière était déjà magnifique, puisque nous avions assisté au lever du soleil sur les montagnes environnantes pendant notre ascension. Et plus le soleil montait, plus il éclairait progressivement le lac, faisant disparaître les zones d’ombre et offrant encore de nouvelles possibilités de photos. Ijen est beau sous tous les angles.

Et surtout, nous n’avions pas à nous presser. Nous sommes restés aussi longtemps que nous le souhaitions, avons pris des photos, contemplé le paysage et même pris notre petit déjeuner face au volcan. Nous sommes redescendus lorsque nous en avions envie. Pas parce qu’un groupe nous attendait. Pas parce qu’une excursion nous imposait un horaire. Simplement parce que nous étions prêts à repartir.

Ijen - Java - Indonésie

Une rencontre qui remet les choses en perspective

Sur Ijen, nous avons également croisé les porteurs de soufre. Certains remontaient du cratère avec leurs chargements. D’autres proposaient aux touristes d’essayer de porter quelques instants leurs paniers, ou vendaient des souvenirs.

J’ai expliqué à mon fils leurs conditions de travail.

Ces hommes descendent chaque jour dans un environnement extrêmement difficile, transportent des charges lourdes et sont exposés aux vapeurs de soufre, souvent avec des équipements dérisoires.

Ce contraste m’a particulièrement frappée : les touristes sont équipés de masques et fortement incités à porter de bonnes chaussures, tandis que certains travailleurs évoluent encore en tongs, sans véritable protection. Difficile de ne pas regarder cette réalité autrement après l’avoir vue de ses propres yeux.

⚠️ Ijen : quelques informations pratiques
L’ascension demande une bonne condition physique et surtout de l’endurance. Avec un enfant, tout dépendra énormément de sa condition physique et de sa motivation à marcher. Mon fils, très sportif, n’a rencontré aucune difficulté. Mais avec un enfant n’aime pas marcher, l’expérience peut rapidement devenir compliquée.
Des porteurs proposent d’ailleurs de transporter les enfants dans ce qu’ils appellent les « Lamborghini » : une sorte de siège porté ou de pousse-pousse.


💡Mon conseil : pour l’équipement, je recommande :
– de bonnes chaussures de randonnée, notamment pour la descente
– une polaire et un coupe-vent
– de l’eau
– une lampe frontale pour le début de l’ascension dans la pénombre
– des bâtons de marche si vous en avez l’habitude.
Dans notre cas, l’hôtel nous avait fourni les lampes frontales et les masques.


Autre particularité : un certificat médical est obligatoire avant l’ascension pour tous les visiteurs. La démarche est très rapide : environ cinq minutes dans une petite clinique pour vérifier notamment le poids et la tension. Notre conducteur nous y a accompagnés et le coût était d’environ 50 000 roupies / certificat, soit environ 2,50 €.


BILAN : Alors, est-ce que je recommande Java ?

Oui. Sans hésiter. Mais pas à tout le monde.

Après ces quinze jours, je conseillerais Java à ceux qui aiment les voyages intenses, les découvertes culturelles, les paysages spectaculaires, les volcans et les petits défis physiques.
Je serais beaucoup plus prudente pour quelqu’un qui recherche avant tout le repos, le farniente ou un voyage sans réveil matinal et sans effort.

Java demande de l’énergie. Mais elle offre énormément en retour.

Et ce qui m’a finalement le plus surprise n’est peut-être même pas un temple, une cascade ou un volcan. C’est la bienveillance des Javanais.

Une jeune fille rencontrée dans un restaurant local est spontanément devenue notre interprète pour nous aider à comprendre les plats et passer notre commande.

Notre conducteur à Yogyakarta, Priyo, nous a accompagnés sur les sites jusqu’à l’endroit où il était autorisé à nous suivre, s’est préoccupé de notre confort à chaque instant et a même avancé pour nous l’achat de billets de train, plus faciles et moins chers à obtenir pour les locaux. Nous l’avons bien sûr remboursé dès le lendemain. Et surtout, il a continué à nous écrire pendant la suite de notre voyage pour prendre de nos nouvelles et vérifier que tout se passait bien.

Ce sont ces moments-là qui restent.


Ce voyage, je ne le referais pas forcément différemment

C’est peut-être la conclusion la plus surprenante.

Si je devais refaire ce voyage pour moi, je ne changerais finalement rien. Même les petites déceptions ont fait partie de l’expérience.

Bromo m’a appris qu’un paysage exceptionnel peut aussi être victime de son succès.
Ijen m’a montré qu’il n’est pas toujours nécessaire de faire « comme tout le monde » pour vivre une expérience exceptionnelle.
Borobudur m’a offert un véritable voyage dans une autre façon de penser le monde.
Prambanan m’a fait découvrir une autre facette des croyances et de l’histoire de Java.
Tumpak Sewu m’a rappelé que certains paysages se méritent.
Et les rencontres nous ont rappelé qu’un voyage ne se résume jamais aux lieux que l’on visite.


Et pour vous ?

C’est finalement ce voyage qui me rappelle pourquoi je crois autant au voyage personnalisé.
Une destination magnifique n’est pas forcément une destination adaptée à tout le monde.
Pour certains voyageurs, le réveil à 1 h du matin pour rejoindre Bromo sera une aventure formidable. Pour d’autres, ce sera une torture.
Certains seront prêts à descendre 738 marches pour découvrir Tumpak Sewu. D’autres préféreront admirer les cascades depuis le promontoire.
Certains voudront absolument voir les flammes bleues d’Ijen. D’autres, comme nous, préféreront prendre leur temps et savourer un petit déjeuner face au cratère.

C’est précisément là que le conseil prend tout son sens.

Mon rôle n’est pas simplement de vous dire qu’une destination est belle. C’est de comprendre comment vous aimez voyager, votre rythme, vos envies, vos capacités et vos priorités, pour construire un voyage qui vous ressemble réellement.

Je l’ai vécu comme voyageuse. Je vous le raconte comme conseillère en voyages.

Envie de découvrir cette destination à votre façon ?

Tourmaline Voyages vous accompagne dans la construction d’un voyage sur mesure, en tenant compte de vos envies, de votre rythme et de votre budget.